Léandre, le mythe à l’origine de mon prénom.

 

 

Leandre_WB_7274_v2J’espère que vous allez bien en ce début de printemps.

Je vous écrits cet article afin d’expliquer l’origine de mon prénom, car on me pose souvent des questions à ce sujet.

Voici l’histoire de ce prénom : Léandre apparait dans Héro et Léandre, un mythe issu de la mythologie grecque, qui est un couple d’amoureux à la fin malheureuse, à l’instar de Roméo et Juliette de Shakespeare. Ce mythe inspira plusieurs artistes, notamment Musée qui en fit un poème très romantique

« L’Aurore arriva ; Héro n’aperçut pas son jeune époux (…). Lorsque près du soubassement de la tour, elle distingua, brisé par les écueils, le cadavre de son amant, elle déchira autour de sa poitrine sa tunique brodée ; puis, en sifflant, son corps s’abattit, la tête la première, du sommet de la tour. C’est ainsi que périt Héro en même temps que son époux mourant. Et ils jouirent l’un de l’autre, éternellement, jusque dans l’abîme de la mort. »1

A travers ce poème c’est tout un amour impossible, mais néanmoins consommé qui est décrit de manière très juste et admirable. Sans rentrer dans ses détails, il découle de ce poème une grande intimité entre les deux protagonistes et un amour fulgurant et puissant qui les amenèrent tout deux à une mort certaine.L’amour que porte Léandre à Héro l’a conduit à sa perte, tant il était épris par sa belle il lui déclare ,vers 207-209            « Chaque nuit, me laissant porter par l’eau, moi, ton ruisselant époux, je traverserai à la nage l’Hellespont et ses courants impétueux (…) »En outre dans son poème Musée, nous dit au vers 103-104 : « C’est par l’oeil que ce trait passe ; de l’oeil, qui le lance, la beauté glisse et chemine jusqu’au coeur de l’homme. » Dans ce vers, Musée, nous invite à voir la beauté comme une chose pure et essentielle pour l’homme : elle est là et nous transcende jusqu’au plus profond de notre esprit. Cette beauté bien que subjective à cela d’universel qu’elle nous possède et nous transcende quand on es face à elle.

« La triste vérité est que la vie réelle de l’homme est faite d’un ensemble inexorable de contraintes, le jour et la nuit, la naissance et la mort, le bonheur et la souffrance, le bien et le mal. »2

Ici on voit le rapprochement avec la contrainte  de Léandre, obligé de passer de la lumière à l’obscurité ; autrement dit sa mort. L’importance de la lumière dans le poème de Musée est aussi partie intégrante de mon travail, dans ce poème elle est symbolisée par la lampe, que suit à travers la nuit Léandre pour rejoindre son amour Héro, qui tient cette dernière allumée du haut de son phare. Pourquoi la lumière est-elle importante dans ma pratique? La réponse est assez simple ; elle est essentielle à toute photographie, c’est à partir d’elle que l’on peut photographier, elle va de paire avec l’art photographique, sans lumière il n’y a pas de photo ( et avec trop de lumière, la photographie sera surexposée, c’est-à-dire qu’on perdra les détails et/ou les contours de l’objet à photographier). Si la lumière est intégrante à la photographie, alors la photographie n’est-elle pas lumière pour le photographe? Elle est pour lui point de repère comme pour Léandre le phare ou se trouve Héro.

Le myhte de Léandre a inspiré d’autres artistes : Christopher Marlowe en a aussi fait un poème ; Staraporala un conte ; Milorad Pavić un roman, l’Envers du vent  ; Joseph Mallord William Turner un tableau, The Parting of Hero and Leander (tout comme William Etty) ; et moi à travers mon idée principale de trouble identitaire, je prends son prénom.

Etty_Parting_1827
William Etty
The Parting of Hero and Leander ( 1827)
Tate Modern

Il est intéressant de constater que Léandre, recouvre ainsi un grand nombres de périodes historiques, utilisé plusieurs fois par différents artistes pour enrichir leur oeuvre respectives.

Cet portrait réalisé avec William Bibet, est inspiré du tableau de William Etty ( 1787-1849, peintre Britannique réputé pour ses nus), je me suis focalisé sur la pose de Léandre ; l’inclinaison de ses jambes, le positionnement de son bras gauche.  Sur le tableau son visage est dans la pénombre on le devine à peine, donc mon bras sur ma photographie a été volontairement placé au niveau de mon visage pour me rapprocher au plus juste de l’attitude de Léandre dans le tableau. L’idée est avant tout de reprendre la pose de Léandre dans un univers contemporain. Le rappel du tableau de William Etty, est, principalement la pose que j’imite à ma façon tout en dévoilant mon intime ; « ce singulier et infiniment précieux refuge »3.De part la pose, j’apparait comme une statue, la blancheur de la peau ainsi que la musculature apparente renforce cette sensation de corps irréel proche du statuaire. Cet aspect de statue est voulu et maitrisé par la photographie en elle-même, puisque pour obtenir ce résultat : il faut placer savamment la lumière pour accentuer les courbes du corps et lui conféré cet aspect de statue vivante.

Le fond sur la photographie est un mur de brique fines formant un camaïeux de couleur proche de la terre, ce mur ici fait écho à la fragilité de l’amour de Léandre à Héro, c’est un amour ou la distance renforce le lien. Toutes ces briques en pierre imbriquées les unes dans les autres sont comme cet amour qui convoque deux êtres et s’unissent de plus en plus au fil du temps ; il se construit et se renforce de jour en jour.

En opposition avec la force de l’amour de Héro et Léandre, l’eau est donc le lien qui les a fait périr tout deux. C’est pourquoi tout comme dans le tableau de Etty, je porte un tissu pour cacher mon sexe, je l’ai choisi gris pour évoquer les tourments des eaux dont a été victime Léandre, il comporte du mouvement et des volutes tout comme la mer quand elle est mouvementée.

Voilà, c’est ma façon de vous expliquer le mythe de Léandre à travers un portrait inspiré d’un tableau de William Etty

Bisous

L.

1Musée, Héro et Léandre, texte établi et traduit par Pierre Orsini, Société d’édition « Les Belles Lettres », Paris, 1968. V. 334 à 345 (fin) , p.16.

2Jung, C.G, Essau D’exploration de l’inconscient, Folio essais, Paris, 20013, p.147.

3 Baqué Dominique, Photographie Plasticienne, l’extrême contemporain, Paris, éditons du regard, 2004, p.73

6 réflexions sur « Léandre, le mythe à l’origine de mon prénom. »

  1. Fabuleuse évocation de cette légende !

    Aimé par 2 personnes

  2. wow Léandre et Héro, un mythe éternel, le portrait est très beau, pas besoin de Hero, bravo William Bibet !!

    Aimé par 2 personnes

  3. Tout d’abord merci pour l’abonnement à mon blog – éclectique ! Que de beautés dans ces pages … quelle douceur lumineuse – amicalement

    Aimé par 1 personne

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